Histoire de l’Acdlec : accompagner l’expansion (1970-1990), partie 2


 

Histoire de l’Acdlec : accompagne-1990_partie_2_- A la une E.Leclerc


 

Les années 1970 et 1980 sont des années de très forte expansion. Le Mouvement, affaibli par la scission, prend sa revanche en multipliant les ouvertures et en convertissant progressivement ses points de vente en hypers. Édouard Leclerc, Michel-Édouard Leclerc et les adhérents sont entièrement tournés vers l’action. Aussi, si un certain nombre de pratiques comme le parrainage se mettent en place, elles le sont de façon informelle. Elles ne seront formalisées que dans les années 1990.

Pour lire Histoire de l'Acdlec : les fondements (1964-1969), partie 1, cliquez ici.

 

 

Créer une nouvelle équipe

Après la scission, l’Acdlec et le Galec s’installent au 17 rue Bergère dans le 9ème arrondissement de Paris. Il faut reconstituer un staff : Odette Payen est recrutée en 1971 comme secrétaire de l’Acdlec. Elle restera longtemps la seule employée.

Un nouveau bureau est élu, qui ne comprend quasiment aucun membre de 1964. Certains ont quitté le Mouvement en 1966 pour fonder leur propre enseigne, comme A. Joubert ou M. Montlaur. La majorité des autres ont suivi J.-P. Le Roch en 1969. Hervé Jacolot, adhérent textile de Brest, devient le nouveau secrétaire général. François-Paul Bordais, âgé de seulement 28 ans, devient vice-président. Ancien adhérent de la région parisienne parmi les rares restés fidèles à Édouard Leclerc au moment de la scission, ce dernier vient de reprendre, avec sa belle-famille, le centre Leclerc de Landerneau. Cette fidélité, tout comme son intelligence et sa vivacité d’esprit, convainquent Édouard Leclerc de l’associer à la gouvernance du Mouvement. Simultanément, A. Jaud, l’un des rares adhérents de la Scalo restés fidèles à Édouard Leclerc, s’impose lui aussi comme l'un des hommes forts du Mouvement.

 

 

La commission inter-région

Dès 1971, la commission inter-région remplace l’ancienne commission nationale.

Si son existence est informelle, elle n'en est pas moins décisive : c'est en son sein que sont prises toutes les décisions, que sont traitées « toutes les questions d’ordre général concernant tant les missions préparées à l’Acdlec que celles assumées par le SC Galec ». Sa composition évolue au fil des époques. Pendant une longue période, elle va réunir les présidents des coopératives régionales, des outils collectifs, de l’Acdlec, le vice-président de l’Acdlec, ainsi que quelques personnalités estimées incontournables. À certains moments, elle rassemblera en plus tous les chefs de GT et réunira alors jusqu’à 50 personnes.

Édouard Leclerc préside les réunions et les ouvre avec des discours qui s’apparentent à des prêches. Par exemple, c'est avec les mots « Aimez-vous les uns les autres » qu'il conclut son discours inaugural le 22 janvier 1973. L’autorité naturelle qu’il exerce fait office de ferment unificateur entre les adhérents. Elle ne l’empêche cependant pas de prôner une gouvernance collective : « Monsieur Leclerc précise que les décisions appartiennent aux centres Leclerc et non à Édouard Leclerc, que l’Acdlec est une véritable démocratie où la dictature n’a pas sa place. » (compte rendu de la réunion du juin 1971).

Michel-Édouard Leclerc, qui a rejoint la Siplec en 1979, va progressivement partager la présidence du Mouvement avec son père : en 1981, il est nommé administrateur et secrétaire général de l’Acdlec, et en 1985, il en devient le co-président.

 

 

Le rôle accru des coopératives régionales

En 1971, la nouvelle équipe en place commence par préciser le rôle de l’Acdlec :

Compte rendu manuscrit d'une réunion (1971)

 

L'Acdlec demeure garante de la philosophie du Mouvement et conserve  ses attributions originelles.

En revanche, son rôle dans la délivrance de l’agrément est moindre par rapport à la décennie précédente. Dans les années 1960, la commission nationale s’était en effet imposée comme pivot central du recrutement, examinant les dossiers et mettant en place un système de financement via une société de caution mutuelle. Ce sont désormais les centrales régionales qui vont jouer un rôle central dans l’extension du Mouvement. Ce sont elles qui vont sélectionner les candidats compétents et constituer les dossiers de candidature. « Il a été proposé que la région intéressée prenne sa responsabilité pour le postulant » précise le compte rendu d’une réunion d’organisation tenue en 1971. L’Acdlec délivre toujours, in fine, le panonceau, mais le plus souvent, elle valide simplement les propositions des régions et s’apparente à une chambre d’enregistrement.

 

 

 

La mise en place du parrainage

Le système de cooptation, en germe dans les années 1960, va s’imposer avec la mise en place du parrainage. C’est la grande nouveauté des années 1970.

Un ou deux parrains vont désormais s’engager moralement et financièrement auprès du postulant. Les contrats de parrainage, liant parrain(s) et filleul, sont des accords bipartites desquels l’Acdlec est exclue. Une fois les contrats signés, les parrains présentent leur candidat et son dossier à Acdlec.

Le parrainage, longtemps pratiqué de façon informelle, est né en Scaouest. Il s’est ensuite progressivement généralisé à l’ensemble des régions. Avec lui, l’identité du Mouvement s’enrichit du compagnonnage.Le parrainage permet de simplifier et de faciliter l’arrivée de nouveaux membres dans une période de reconstruction et d’expansion : les grandes surfaces sont encore peu nombreuses en France et tout le territoire est à conquérir. 

Simultanément, le stage en magasin que quelques postulants effectuaient  déjà avant la scission s'impose lui aussi comme une étape-clé du recrutement. Un « parcours du postulant » au sens large est progressivement construit.

 

Lire aussi :

- Histoire de l'Acdlec : consolider un réseau stabilisé (des années 1990 à nos jours), partie 3

Des clés pour comprendre
 

Recherche
dans les archives

À vous
la parole !

Faites-nous part de vos commentaires et de vos connaissances sur l'histoire du Mouvement E.Leclerc et consultez les commentaires des internautes.

Commenter