Les "combats" de l'enseigne

Edouard Leclerc et les marins-pêcheurs d’Etaples : « la kermesse aux écailles » (1964)

Dès ses premières interviews en 1957, Edouard Leclerc expose son projet : réformer l’ensemble des circuits de distribution français de façon à faire baisser les prix et à contribuer au bien-être du consommateur. Aussi, l’ouverture de centres Leclerc dans les années 1950 et 1960, qui vendent essentiellement des produits d’épicerie et d’entretien, ne constitue que l’un des pans d’un projet plus global. A partir de 1964, Edouard Leclerc s’intéresse notamment au circuit de distribution des produits de la mer.

La distribution des produits de la mer dans les années 1950 : un circuit archaïque

    En 1964, le circuit de distribution des produits de la mer est composé de nombreux intermédiaires :

  • Une part infime du tonnage total français est écoulée directement du producteur aux consommateurs - à la criée - ou aux détaillants, essentiellement dans les villes du littoral ;
  • 7 % du tonnage transite des pêcheurs aux mareyeurs, puis aux collectivités (écoles, hôpitaux…) ;
  • 39 % du tonnage part du producteur au mareyeur, puis au détaillant ;
  • 40% du tonnage passe du producteur au commissionnaire ou mandataire, puis au mareyeur avant d’être vendu par les poissonneries.

 

 

Venir en aide à la coopérative maritime étaploise

   En 1964, Édouard Leclerc répond donc favorablement à Pierre Bigot, venu lui demander de l’aide pour résoudre les problèmes auxquels sont confrontés les pêcheurs de la coopérative maritime étaploise (CME)  dont il est le directeur.

   Ces problèmes sont les suivants :

  • En 1963, alors que le cours du hareng s’effondre, son prix grimpe en flèche dans les poissonneries. Le prix exorbitant de vente au détail choque les pêcheurs qui voient leurs revenus chuter drastiquement. C’est en effet de cette pêche saisonnière (les poissons sont pêchés de fin octobre à fin décembre) qu’ils tirent une partie importante de leur chiffre d’affaires annuel.
  • Au même moment, les pêcheurs français doivent affronter une concurrence nouvelle : l’Etat ayant autorisé l’importation de poissons. La sole hollandaise vient rivaliser sur les étals avec sa cousine de la Manche.

   Édouard  Leclerc a déjà évoqué l’idée de créer des centres de distribution de poisson. Il a surtout déjà monté des opérations d’envergure – notamment aux côtés des producteurs d’artichauts de Saint Pol de Léon - destinées à attirer l’attention des citoyens et des pouvoirs publics, dont il est écouté. Aussi, le 27 novembre 1964, il propose d’organiser une vente directe et sauvage de poissons à Paris, baptisée « kermesse aux écailles ».

    Les coopératives maritimes de Lorient et de Dieppe se joignent aux pêcheurs étaplois : c’est un succès. L’opération est renouvelée 3 jours plus tard. Peu après, une délégation de la CME est reçue par le ministre des Finances, Valéry Giscard D’Estaing.

    L’opération aura eu le mérite de porter à la connaissance du public les difficultés de la filière pêche traditionnelle et la nécessité de réformer le marché des produits de la mer. Elle sera renouvelée à plusieurs reprises, notamment en 1975 et en 1980.

 

 

L’apparition des premiers rayons poissonnerie dans les centres E. Leclerc

    En 1965, peu de temps après  le succès de la « kermesse aux poissons »,  Édouard  Leclerc propose à la CME d’approvisionner le Mouvement qui accepte. Désormais, les centres de la région parisienne proposent chaque vendredi, du poisson frais d’Étaples.

    C’est une innovation dans la grande distribution française car les supermarchés, encore très peu nombreux, commercialisent alors du poisson surgelé d’importation et des conserves, mais rarement du poisson frais. Notons toutefois qu’Édouard  Leclerc, dans son centre distributeur de Landerneau, vendait des huîtres dès 1957 !

Les "combats" de l'enseigne

Edouard Leclerc et les marins-pêcheurs d’Etaples : « la kermesse aux écailles » (1964)

Dès ses premières interviews en 1957, Edouard Leclerc expose son projet : réformer l’ensemble des circuits de distribution français de façon à faire baisser les prix et à contribuer au bien-être du consommateur. Aussi, l’ouverture de centres Leclerc dans les années 1950 et 1960, qui vendent essentiellement des produits d’épicerie et d’entretien, ne constitue que l’un des pans d’un projet plus global. A partir de 1964, Edouard Leclerc s’intéresse notamment au circuit de distribution des produits de la mer.

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