Des épiceries aux hypermarchés

Le développement des supermarchés Leclerc (1965-1969)

    « Le gros œuvre neuf, la grande surface, l’équipement, le climat surprennent pour un centre Leclerc, on se croirait dans un supermarché ! » fait remarquer un journaliste de Points de vente en mai 1965, à un adhérent qui vient d’ouvrir un « super-centre distributeur » (nom donné au supermarché E. Leclerc) de 750 m2 à Carpentras.

    Les mots « supermarché » et « hypermarché » ne riment pas encore avec « E. Leclerc » : la plupart des centres distributeurs sont alors de petits points de vente.

Un début timide pour les super-centres E. Leclerc (1964-1965)

    Le printemps 1964, avec le congrès de Brest et la création de l’Acdlec, marque une étape dans le développement des centres Leclerc.

    L'enquête distribuée à cette occasion aux participants comprend de nombreuses questions relatives à la taille des espaces de vente et de réserves, aux projets d’agrandissement, ou encore aux types de rayon existants et envisagés. A l’occasion du congrès, de nouvelles orientations sont fixées : les adhérents sont invités à transformer leur(s) point(s) de vente en grande(s) surface(s) et à privilégier l’implantation dans les villes de plus de 20 000 habitants.

    La jeune Acdlec décide de confier le recrutement des nouveaux adhérents aux délégués régionaux et leur demande d’être particulièrement attentifs à la superficie du point de vente des postulants.

    Fin 1964, avec l’ouverture de 13 centres de 400 m2 ou plus pendant l’année, le nombre total de supermarchés E. Leclerc s’élève à 19.

    En mars 1965, Édouard Leclerc donne à nouveau l’exemple – il avait déjà ouvert le premier supermarché du Mouvement en 1962 - en inaugurant, sur le site de l’ancien couvent des Capucins, à Landerneau, le plus grand supermarché alimentaire E. Leclerc. Avec sa surface de 2000 m2 et un parking de mêmes dimensions, le super-centre distributeur des Capucins, tout alimentaire qu’il soit, impressionne. Notons toutefois qu’il est encore réticent à réunir alimentaire et non-alimentaire dans un même magasin. Ses arguments sont nombreux et divers : le textile est un métier en soi ; l’électroménager nécessite un service après-vente que les centres E. Leclerc ne peuvent fournir…

    En annonçant, lors de cette inauguration, l’ouverture de 50 super-centres alimentaires dans les cinq années à venir, Édouard Leclerc fixe la feuille de route au Mouvement.

    A la fin de 1965, en dépit de cette feuille de route, les ouvertures de super-centres sont encore peu nombreuses et la très grande majorité des centres E. Leclerc ont encore une surface inférieure 100 m2.

 

 

E. Leclerc s’impose en tête des indépendants dans la course aux supermarchés (1966-1969)

    Les décisions prises au congrès de Paris en 1966 accélérèrent le développement des supermarchés E. Leclerc.

  • D’une part, la commission nationale, l’organe décisionnel de l’Acdlec, décide de prendre elle-même en charge la sélection des postulants.
  • D’autre part, elle durcit sa politique de recrutement en faisant de la taille de la surface de vente un critère d’admission déterminant : sont officiellement refusées tous les projets d’ouverture d’un centre E. Leclerc de moins de 400 m2.

    Dans la pratique, la commission nationale de l’Acdlec va en fait rechercher un équilibre entre développement des supermarchés, croissance des effectifs et conquête de nouveaux territoires. Aussi, elle sait se montrer souple en accordant parfois l’enseigne contre promesse d’un agrandissement rapide.

    Fin 1966, avec dix ouvertures pendant l’année, le Mouvement compte 30 supermarchés E. Leclerc et dispose du 4ème parc de supermarchés en France, ex-aequo avec le succursaliste Casino-Epargne ( qui compte 30 magasins), derrière le succursaliste Paridoc (qui en compte, lui, 117) et le magasin populaire Sapac-Prisunic (qui en totalise 81).

    La « course » aux supermarchés est alors dominée par les succursalistes qui exploitent 41 % des supermarchés, soit 251 unités, contre 170 pour les indépendants. Parmi ces derniers, l’enseigne E. Leclerc occupe le premier rang.

    À partir de 1967, le développement des super-centres E. Leclerc s’accélère considérablement : une trentaine ouvre leurs portes tandis que de petits centres s’agrandissent pour atteindre ou dépasser 400 m2.

    Sur les 33 centres E. Leclerc ouverts en 1967, une nette majorité a une surface comprise entre 600 et 1200 m2. Simultanément, l’hétérogénéité entre les magasins E. Leclerc s’accentue : se côtoient au sein du Mouvement des super-centres gigantesques, comme celui de 1500 m2, à Mainvilliers, près de Chartres et des petits centres comme ceux de Quimperlé (95 m2) ou de Vannes (90 m2).

    La progression des supermarchés E. Leclerc est plus rapide en Ile-de-France grâce au dynamisme de la centrale régionale d’approvisionnement (la Scarf), et moins rapide dans le Finistère où les petits centres sont majoritaires et peinent à s’agrandir pour accueillir de nouveaux rayons.

 

 

 

De l’exploitation familiale à la PME : apparition des grandes surfaces

  • Des entreprises individuelles aux SARL

    Les premiers centres étaient pour la plupart des entreprises individuelles, exploitées par un couple aidé de sa famille, puis d’un ou deux salariés. Progressivement, ils changent de dimensions et se transforment en société anonyme à responsabilité limitée (SARL), tendance qui s’accentue à la suite de la loi de juillet 1966 qui réforme le droit des sociétés. C’est toujours un couple que l’on trouve à la tête des super-centres, mais le personnel devient plus nombreux : à titre d’exemple, le centre des Capucins à Landerneau, avec ses 2000 m2, en compte plus d’une trentaine.

  • Des investissements de départ plus importants

    Les investissements nécessaires pour l’ouverture de grandes surfaces sont devenus bien plus conséquents.

    L’Acdlec va chercher à faciliter l’ouverture de supermarchés en finançant une partie de l’installation ou en facilitant l’octroi de prêts auprès de la Bred - Banque populaire.

    Par ailleurs, elle réclame aux adhérents E. Leclerc le détail du financement de leur agrandissement et exige des candidats au panonceau qu’ils joignent à leur dossier de candidature leur plan d’investissement. Pour examiner ces documents, elle fait appel à un expert dont elle suit l’avis et qui assiste fréquemment aux réunions de la Commission nationale. En fonction des dossiers, cet expert préconise simplement des ajustements - au mieux - ou déclare le projet non viable  - au pire.

    La France compte 1500 supermarchés en 1969, dont plus d’une centaine sous l’enseigne E. Leclerc. A cette date, les supermarchés constituent environ un tiers du parc total de magasins de l’enseigne.

Des épiceries aux hypermarchés

Le développement des supermarchés Leclerc (1965-1969)

    « Le gros œuvre neuf, la grande surface, l’équipement, le climat surprennent pour un centre Leclerc, on se croirait dans un supermarché ! » fait remarquer un journaliste de Points de vente en mai 1965, à un adhérent qui vient d’ouvrir un « super-centre distributeur » (nom donné au supermarché E. Leclerc) de 750 m2 à Carpentras.     Les mots « supermarché » et « hypermarché » ne riment pas encore avec « E. Leclerc » : la plupart des centres distributeurs sont alors de petits points de vente.

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